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L'Opéra de Rennes entre dans l'ère du son spatialisé avec HOLOPHONIX et Amadeus

Résumé

Depuis l'ouverture de la saison 2025-2026, l'Opéra de Rennes est équipé d'un système de son immersif permanent associant les technologies HOLOPHONIX et Amadeus...

Depuis l'ouverture de la saison 2025-2026, l'Opéra de Rennes est équipé d'un système de son immersif permanent associant les technologies HOLOPHONIX et Amadeus. Conçue pour l'un des plus remarquables opéras à l'italienne du XIXe siècle en France, cette installation introduit la spatialisation sonore par objets tout en préservant l'identité acoustique du lieu.

Mis en œuvre sous la direction de Marie Guérin, responsable du service audiovisuel de l'Opéra de Rennes, le projet illustre l'évolution des approches du renforcement sonore dans les salles de spectacle patrimoniales, où les technologies immersives sont aujourd'hui mises au service de la localisation, de la précision et du confort d'écoute, dans le respect de l'architecture et de l'acoustique du lieu.

Un système de diffusion conçu pour un opéra historique

L'intégration d'un système de sonorisation dans un théâtre du XIXe siècle classé a nécessité de prendre en compte quatre niveaux de balcons, plusieurs configurations de fosse d'orchestre ainsi que d'importantes contraintes architecturales, tout en limitant au maximum l'impact visuel de l'installation.

Dès le départ, l'objectif n'était pas de transformer l'acoustique naturelle du théâtre, mais de la préserver tout en offrant une expérience d'écoute plus homogène dans l'ensemble de la salle.

Le choix s’est porté sur une solution Amadeus intégrant le système HOLOPHONIX, parce que cette approche permet une spatialisation beaucoup plus fine et une diffusion plus homogène, avec des enceintes plus compactes et plus discrètement intégrées dans l’architecture,

explique Marie Guérin.

L'installation comprend trois enceintes Amadeus C15 pour le système principal, six C12 assurant la couverture des balcons supérieurs, quatre extensions de grave ABB 12 ainsi que deux caissons de basses ABB 18 permettant d'étendre la réponse en fréquence sous les 40 Hz.

Au cœur du dispositif, onze modules Amadeus SR730 ODR spécialement intégrés forment une rampe de front-fill conçue pour suivre précisément la pente de l'orchestre. Un système d'accroche spécifique permet par ailleurs de reconfigurer rapidement l'installation en fonction des trois configurations de fosse de l'opéra.

La spatialisation sonore par objets au service de l'opéra

Le système repose sur HOLOPHONIX Native exécuté sur un Apple Mac mini M4. Une interface RME Digiface Dante gère 128 canaux simultanés sur les réseaux Dante et MADI, tandis que quatre amplificateurs Powersoft Ottocanali DSP+D assurent l'amplification de l'ensemble de l'installation.

Grâce à HOLOPHONIX, chaque instrument est traité comme un objet sonore indépendant et reproduit depuis sa position réelle sur scène, maintenant ainsi une parfaite cohérence entre l'image sonore et la scène visuelle.

Ce que la solution HOLOPHONIX nous apporte, c'est la possibilité de disparaître, que la technique ne soit pas apparente pour le public Notre objectif est de rester totalement transparents. C'est exactement ce que nous obtenons avec HOLOPHONIX. Nous sommes aujourd'hui dans une toute autre dimension,

explique Arthur Paichereau, ingénieur du son à l'Opéra de Rennes.

Contrairement à une diffusion stéréo conventionnelle gauche-droite, le système renforce l'orchestre tout en préservant la perception naturelle de la scène par le public.

Dans un système gauche-droite classique, le cerveau doit constamment compenser : il entend un instrument d'un côté alors qu'il le voit de l'autre. Avec ce système, le piano est là où on le voit. Ce travail cognitif disparaît, et du coup, on peut rentrer pleinement dans la musique,

poursuit Arthur Paichereau.

Des productions hybrides au service de l'immersion

L'installation a pleinement démontré son potentiel lors d'une récente collaboration entre l'Orchestre National de Bretagne et le collectif de jazz parisien In Waves, réunissant des solistes fortement amplifiés et un orchestre symphonique.

Chaque pupitre de l'orchestre a été traité comme un objet sonore indépendant dans HOLOPHONIX, permettant aux ingénieurs de construire une image sonore cohérente tout en préservant le caractère acoustique de l'ensemble. En collaboration avec l'ingénieur du son Benoît Brière, l'équipe a géré simultanément vingt-huit objets sonores actifs, dont vingt-quatre objets stéréo.

Cette approche par objets permet également de réaliser des balances virtuelles, en rejouant des enregistrements multipistes comme si les musiciens étaient physiquement présents sur scène.

Une nouvelle approche du son à l'opéra

Au-delà de cette installation, le projet illustre une évolution plus large de l'utilisation de l'audio immersif dans les salles de spectacle historiques. Loin de rechercher des effets spectaculaires, HOLOPHONIX met la spatialisation au service de la localisation, de la clarté et du confort d'écoute, tout en respectant pleinement l'identité acoustique du lieu.

Cette perception spatiale ne repose pas uniquement sur le processeur HOLOPHONIX, mais aussi sur le travail de diffusion réalisé avec les enceintes Amadeus. La précision, la répartition et la cohérence de diffusion des enceintes participent pleinement à cette sensation d'immersion et de localisation sonore dans toute la salle,

conclut Marie Guérin.

À mesure que l'Opéra de Rennes développe de nouvelles productions, cette installation pose les bases d'une véritable signature sonore, où la technologie immersive enrichit l'expérience d'écoute tout en demeurant pratiquement imperceptible pour le public.

Opera de Rennes
© Helen Karam
Opera de Rennes and Amadeus
© Helen Karam
side view opera de Rennes
© Helen Karam
subwoofer Amadeus
© Helen Karam
Holophonix on screen

Crédits photos© Helen Karam