Le Théâtre du Vieux-Colombier, devenu en 1993 la deuxième salle de la Comédie-Française, a récemment bénéficié d’une rénovation en profondeur de ses infrastructures scéniques. À cette occasion, son système électroacoustique a été entièrement repensé par Amadeus autour du processeur de spatialisation HOLOPHONIX.
Situé au cœur du quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés, le Théâtre du Vieux-Colombier accueille chaque saison plusieurs créations fondées sur des textes classiques ou contemporains, présentées de septembre à début juillet.
Fondé en 1913 par Jacques Copeau, le Vieux-Colombier est né d’une volonté de renouveler l’art dramatique, en opposition au théâtre commercial alors dominant sur les Grands Boulevards. Depuis 1993, il constitue la deuxième salle de la Comédie-Française, institution fondée en 1680 et installée depuis 1799 dans la Salle Richelieu du Palais-Royal.
La rénovation récente a porté sur l’ensemble des équipements scéniques — cintres, réseaux techniques et infrastructures de plateau — ainsi que sur le système de diffusion sonore, redéfini en étroite collaboration avec Philippe Lagrue, directeur technique du théâtre, et Dominique Bataille, compositeur, ingénieur du son et concepteur sonore associé au Vieux-Colombier depuis de nombreuses années.
Après avoir travaillé à la Grande Halle de la Villette puis aux côtés de Patrice Chéreau et Jean-Pierre Vincent au Théâtre Nanterre-Amandiers, Dominique Bataille rejoint la Comédie-Française en 2009. Il poursuit parallèlement une activité de compositeur auprès de Pascal Dusapin, James Dillon, Wolfgang Mitterer ou encore Oscar Bianchi.
Le nouveau dispositif électroacoustique conçu par Amadeus et Dominique Bataille repose sur le processeur de spatialisation HOLOPHONIX, développé par Amadeus en collaboration avec le laboratoire STMS (Sciences et Technologies de la Musique et du Son), unité de recherche associant l’IRCAM, le CNRS, Sorbonne Université et le ministère de la Culture.
Parmi les premiers utilisateurs, opérateurs et bêta-testeurs du système, Dominique Bataille a participé activement à son développement afin de définir les fonctionnalités et les ergonomies les mieux adaptées à la création théâtrale.
Conçu selon une logique semi-sphérique favorisant l’enveloppement du public, le système principal s’adapte à la géométrie parallélépipédique de la salle ainsi qu’à ses contraintes techniques et esthétiques. Il comprend 23 enceintes Amadeus associées au processeur HOLOPHONIX.
Dix enceintes Amadeus PMX 8 MKII — cinq de chaque côté de la salle sur toute sa profondeur — sont intégrées aux arches latérales de la structure en bois évoquant une coque de bateau renversée. Elles sont complétées par huit enceintes Amadeus PMX 5 MKIV installées dans les arches supérieures en position zénithale.
Le système frontal L/C/R repose sur trois enceintes triaxiales Amadeus C15, développées conjointement avec le Théâtre National de Chaillot. Le renfort des basses fréquences est assuré par deux enceintes ABB 15, initialement conçues pour le Théâtre des Abbesses.
Une vingtaine d’enceintes Amadeus MPB 200 B, déjà présentes lors de la précédente rénovation de 1993, continuent d’être utilisées ponctuellement sur scène, dans les cintres ou sous le plateau selon les besoins des productions. Déclarées comme sorties virtuelles et traitées par HOLOPHONIX à l’aide de différentes techniques de spatialisation, elles permettent de créer les illusions spatiales particulièrement appréciées dans la création théâtrale.
Le processeur HOLOPHONIX permet de mixer, spatialiser et réverbérer des sources issues de multiples dispositifs de diffusion, tout en combinant en temps réel différentes techniques de spatialisation. Le système peut gérer un nombre quasi illimité de bus de spatialisation, chacun exécutant son propre algorithme, parmi lesquels Higher-Order Ambisonics (2D et 3D), Vector-Base Intensity Panning (2D et 3D), Vector-Base Amplitude Panning (2D et 3D), Wave Field Synthesis, Angular 2D, k-Nearest Neighbor, Stereo Panning, Stereo AB, Stereo XY, Native A-Format Ambisonics, Native B-Format Ambisonics et rendu binaural.
Cette liberté créative a notamment été mise à profit lors de la reprise de Vingt Mille Lieues sous les mers de Christian Hecq et Valérie Lesort, spectacle récompensé par un Molière de la création visuelle.
Lorsque le spectacle est revenu au Vieux-Colombier en 2018, nous avons pu retravailler la création sonore originale, réalisée avec des techniques plus traditionnelles, en l’enrichissant grâce aux nouveaux outils de mixage orienté objet et de spatialisation désormais disponibles dans le théâtre. Les différentes techniques poly-algorithmiques offertes par HOLOPHONIX ouvrent un champ créatif presque illimité. Nous pouvons déplacer plusieurs centaines d’éléments sonores en deux ou trois dimensions, exploiter directement nos propres enregistrements ambisoniques sans décodage préalable, ou encore créer des espaces sonores intrigants, oppressants ou immersifs grâce aux outils de réverbération intégrés,
conclut Dominique Bataille.




