HOLOPHONIX AIX CALISTO 1
Projet

HOLOPHONIX au Festival d'Aix

Résumé

Présentée cet été au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, La Calisto a été l’occasion de déployer une conception acoustique aussi ambitieuse que subtile.

Le Théâtre de l’Archevêché présente des contraintes acoustiques particulières. Son temps de réverbération naturellement faible, associé à la présence de trois zones d’écoute distinctes — le parterre en plein air, la zone sous-balcon particulièrement absorbante et le balcon en surplomb — nécessitait une approche spécifique. L’objectif était de créer un environnement sonore cohérent et immersif, tout en préservant le caractère baroque de l’œuvre sans recourir à une amplification perceptible.

Plutôt que d’être utilisé comme un simple processeur d’effets, le système HOLOPHONIX a été employé comme un véritable instrument d’acoustique active en temps réel. Reposant sur un processeur HOLOPHONIX Ultra (128/64), la conception s’appuyait exclusivement sur la technologie Wave Field Synthesis (WFS), permettant de positionner les sources sonores et leur réverbération avec une extrême précision, indépendamment dans chacune des zones d’écoute. Un bus de réverbération WFS dédié a également été mis en œuvre afin d’ajuster en temps réel l’enveloppe acoustique de l’espace et de l’adapter avec fluidité aux différents moments de l’œuvre, qu’il s’agisse d’un air, d’un récitatif ou d’un passage d’ensemble. Le système était piloté via Open Stage Control sur iPad, avec un retour en temps réel des paramètres sur les User Keys de la Yamaha DM7, le tout intégré de manière transparente à QLab.

Le traitement sonore reposait sur trois couches fondamentales : le son direct, les premières réflexions et la réverbération algorithmique. Contrairement aux approches par convolution ou à réverbération régénérative, le moteur de réverbération entièrement paramétrique permettait un contrôle précis de la dynamique, de la couleur tonale et de l’évolution temporelle du champ sonore. Ces paramètres pouvaient être ajustés en temps réel afin de s’adapter aux déplacements sur scène et à la densité orchestrale. Cette flexibilité permettait non seulement de répondre aux problématiques d’écoute propres à certaines zones de la salle, mais également de faire évoluer progressivement l’enveloppe acoustique tout au long des répétitions, dans un dialogue constant avec l’équipe artistique.

Pour l’orchestre, une trentaine de microphones fixes Schoeps, Neumann et DPA ont été déployés, complétés par six DPA 4011 montés sur câbles actifs répartis sur scène et deux microphones miniatures DPA 6061 discrètement intégrés au décor afin d’assurer un renfort sonore discret. Les signaux étaient acheminés vers plusieurs racks Rio répartis entre la fosse, la scène, la régie et la régie supérieure, puis traités par une Yamaha DM7 pour la façade et une CL5 installée sous la scène pour les retours. Un RMio assurait la conversion MADI destinée à l’enregistrement de Radio France, tandis qu’un Mac mini capturait l’ensemble du flux Dante pour l’enregistrement multipiste et le contrôle OSC.

Le projet a été mené par Pidou au mixage, Alban Moraud à la prise de son et Félix Perdreau, en charge de la spatialisation avec HOLOPHONIX ainsi que de l’ensemble des ajustements acoustiques en temps réel. Aux côtés du chef d’orchestre Sébastien Daucé, ils ont développé une approche souple et réactive, constamment guidée par les exigences musicales de l’œuvre.

Les enceintes frontales, initialement jugées trop proches des musiciens, ont finalement été réintégrées lors des passages les plus calmes afin d’améliorer l’intelligibilité dans les zones les plus éloignées. L’équilibre entre directivité, clarté et naturel a été affiné tout au long des répétitions, tandis que les équipes locales se familiarisaient progressivement avec le système.

Au fil des représentations, la technologie s’est effacée derrière la musique.

Le fait qu’un autre opéra présenté au Théâtre soit joué sans traitement acoustique nous offrait un point de comparaison direct. Pour moi comme pour les équipes du Festival, l’apport de HOLOPHONIX était évident. Sans traitement, l’acoustique semblait plate, sans relief et sans véritable profondeur. Grâce au traitement acoustique en temps réel, la scène s’est littéralement ouverte. Le son est devenu plus homogène, la musique a retrouvé de l’air, de l’ampleur et de la vitalité,

explique Félix Perdreau, ingénieur du son en charge de la spatialisation.

Dans cette production, HOLOPHONIX a permis d’atteindre deux objectifs essentiels : recréer une acoustique crédible et adaptable dans un espace naturellement sec, tout en apportant un soutien acoustique imperceptible garantissant une écoute homogène et confortable aux plus de 1 300 spectateurs présents en plein air.

Ce projet a également mis en lumière plusieurs pistes d’amélioration. Un positionnement plus élevé des enceintes permettrait d’affiner davantage l’équilibre vertical, tandis que l’ajout d’enceintes surround sous le balcon renforcerait l’enveloppement dans cette zone,

conclut Félix Perdreau.

HOLOPHONIX AIX CALISTO 1
HOLOPHONIX CALISTO AIX 2
HOLOPHONIX CALISTO 1
HOLOPHONIX Aix Provence Festival La Calisto Copyright Monika Rittershaus 4
HOLOPHONIX Aix Provence Festival La Calisto Copyright Monika Rittershaus
HOLOPHONIX Aix Provence Festival La Calisto Copyright Monika Rittershaus 6